Commune
Un copain, c’est d’abord une histoire de pain partagé. Le mot vient de compain, une ancienne forme de compagnon. Derrière cette famille se trouvent le latin cum, qui exprime l’idée d’être avec quelqu’un, et panis, le pain. Copain et compagnon ont ensuite pris des usages différents, mais gardent cette même origine. Une petite trace de la table commune dans le vocabulaire de l’amitié.
« Mon copain a partagé son goûter avec moi sur le chemin du retour. »
Sources : Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : copain ; Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : compagnon
Commune
Avant d’être un meuble, le bureau était une étoffe. Au Moyen Âge, ce mot désignait un tissu grossier, probablement apparenté à la bure. Il a ensuite nommé le tapis sur lequel on faisait les comptes, puis la table elle-même, et enfin la pièce où elle se trouvait. Quand on dit que l’on retourne au bureau, on emploie donc un mot qui a voyagé du tissu jusqu’au lieu de travail.
« Elle a posé son carnet sur le bureau, près de la fenêtre. »
Sources : Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : bureau
Commune
Une bougie cache le nom d’une ville. La cire fine employée autrefois pour fabriquer des chandelles venait notamment de Bougie, aujourd’hui Béjaïa, en Algérie. Le nom de cette provenance a d’abord servi à désigner la cire, puis la chandelle fabriquée avec elle. Dans ce petit objet du quotidien, la langue a conservé le souvenir d’un ancien commerce.
« Une bougie éclairait la table pendant la panne de courant. »
Sources : CNRTL, Trésor de la langue française informatisé : étymologie de bougie ; Office québécois de la langue française : liste d’éponymes
Peu commune
Une silhouette porte un ancien nom de famille. Étienne de Silhouette a été contrôleur général des finances en 1759. Au XVIIIe siècle, son nom se retrouve dans l’expression portrait à la silhouette, qui désigne un profil dessiné d’après une ombre. Le mot a ensuite servi à nommer une forme qui se détache sur un fond, puis l’allure générale d’une personne. Un nom propre est ainsi devenu une façon de regarder les contours.
« Au bout du quai, je reconnaissais sa silhouette malgré le brouillard. »
Sources : CNRTL, Trésor de la langue française informatisé : étymologie de silhouette
Commune
Derrière la poubelle se trouve un préfet. À la fin du XIXe siècle, Eugène Poubelle impose aux immeubles parisiens des récipients pour recueillir les ordures ménagères. Son nom finit par désigner ces boîtes, puis le récipient que nous connaissons aujourd’hui. Il s’agit d’un nom propre devenu un nom commun : en sortant la poubelle, on emploie encore le patronyme de cet administrateur.
« Après le pique-nique, nous avons cherché une poubelle pour nos déchets. »
Sources : Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : poubelle ; INPI, PIBD : La poubelle, un doux parfum d’inventivité
Commune
Avant d’entrer dans les usines, le robot est passé par le théâtre. Karel Čapek fait connaître ce mot dans sa pièce R.U.R., publiée en 1920. Son frère Josef lui en a suggéré le nom, à partir du tchèque robota, associé au travail pénible et à la corvée. Les personnages de la pièce sont des êtres artificiels destinés à travailler pour les humains. Le mot garde ainsi la trace de cette fiction sur le travail.
« Le robot transporte les pièces d’un bout à l’autre de l’atelier. »
Sources : Radio Prague International : Karel Čapek’s enduring message ; Radio Prague International : Karel Čapek’s robots at 100 ; Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : robot
Commune
Le nom du pyjama a fait du chemin avant d’arriver dans nos chambres. Le français l’a emprunté à l’anglais au XIXe siècle. Plus loin dans son histoire, on trouve une expression persane formée avec les idées de jambe et de vêtement. Ce mot que l’on associe aujourd’hui à un ensemble de nuit garde donc, dans son origine, une référence à la partie du corps que couvre le pantalon.
« Il a enfilé son pyjama avant de choisir un livre pour la soirée. »
Sources : Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : pyjama
Commune
Le sandwich porte un titre de noblesse anglais. Son nom vient de celui de John Montagu, comte de Sandwich, qui vécut au XVIIIe siècle. Le français a ensuite adopté ce mot anglais au XIXe siècle pour désigner ce repas entre deux morceaux de pain. Son nom rappelle ainsi le personnage auquel ce mets a été associé. Un petit morceau d’histoire se glisse dans le vocabulaire du pique-nique.
« Nous avons préparé un sandwich au fromage pour la randonnée. »
Sources : Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : sandwich
Collectionnez les mots
Chaque mot du français est une carte : ouvrez des pochettes, découvrez leurs histoires, jouez avec.